|
|
URBANISHAD Publiée en octobre 2008 aux éditions de L'Harmattan. Pièce en un prologue et 3 actes, de Françoise COUDRET 8 H, 7 F (2 heures) Comme chaque matin, après le départ des travailleurs vers leurs usines et leurs bureaux, les habitants encore présents dans la tour CZ4341B, vaquent à leurs occupations : le gardien balaie le hall d’entrée, des locataires attendent le passage du facteur, d’autres promènent leurs animaux, des démarcheurs tentent de fourguer leurs articles, et des représentants de la loi leurs assignations,… Tandis que la tour craque sinistrement, le Jeune Homme rêve d’arbres en fleurs et de chants d’oiseaux. Ecrite il y a plus de trente ans, URBANISHAD, met déjà en scène les déchirures sociales et humaines entraînées par des politiques d’urbanisme et de construction dont les conséquences néfastes sont malheureusement toujours actuelles. Si le contexte en est, à certains égards, très connoté 70’s, les divers faits évoqués sont de ceux qui font encore bien souvent la une de nos journaux. Extrait : « LE JEUNE HOMME - Le linge a une meilleure odeur quand il sèche en plein vent. LE GARDIEN - Ca, je dis pas… LE JEUNE HOMME - Alors ? LE GARDIEN - Mais… ça nuit à l’aspect de l’immeuble. Na ! LE JEUNE HOMME - L’aspect de l’immeuble ?... Mon pauvre Morissot ! LE GARDIEN - Quoi ! Quoi, « mon pauvre Morissot » ! Qu’est-ce que ça veut dire, ça, hein ? LE JEUNE HOMME - Tu l’as vu, l’aspect qu’il a, ton immeuble ? LE GARDIEN - Quoi, quoi, l’aspect qu’il a ?... (S’échauffant.) Et alors, c’est ma faute, à moi, si les balcons s’écroulent ? Si les escaliers tiennent pas debout ? Si les barres d’appui se descellent ? Si les cheminées d’aération s’effondrent ? Si les revêtements des murs se désagrègent ? Si les volets se dégondent ? Hein ? C’est ma faute, tout ça ? C’est-y moi qui l’ai construit, ce foutu immeuble ? C’est-y ma faute si le sous-sol est pas stable, les fondations pas assez profondes, et le béton de mauvaise qualité ?... Et si les loyers augmentent, c’est-y ma faute, aussi, pendant que tu y es ? C’est-y ma faute ? LE JEUNE HOMME - Non, ce n’est pas ta faute. LE GARDIEN - Suis-je t’y un architecte, dis ? LE JEUNE HOMME - Non. LE GARDIEN - Parce que si j’étais un architecte, je l’aurais bâti ailleurs, mon immeuble, et ceux d’à côté, qu’au-dessus d’une ancienne champignonnière ! LE JEUNE HOMME - Oui. LE GARDIEN - Je ne suis que le gardien. »
|
|
|